Lorsque nous vivons la perte d’un enfant, la douleur est si profonde, si intense, qu'il est difficile de mettre des mots dessus. La fausse couche, l'arrêt de grossesse, sont des expériences tragiques qui frappent souvent dans le silence, comme une ombre qu’on ne peut pas chasser.

Je me souviens de ce moment où j'ai su que tout s'était arrêté, que le rêve de devenir maman avait disparu. Et alors qu'on se retrouve dans cette tempête de tristesse, de confusion, de culpabilité, j’aurais tant aimé entendre certains mots. Des mots simples, mais puissants, qui m’auraient fait sentir moins seule, moins incomprise.

Aujourd'hui, je souhaite vous partager avec vous ce que j’aurais aimé entendre à ce moment-là. Peut-être que cela pourra vous réconforter, vous donner un peu de lumière dans l'obscurité de cette épreuve.

1. "Tu n’es pas seule dans cette douleur."

La première chose que j’aurais aimé entendre, c’est que je ne suis pas seule. 
Dans cette épreuve du deuil, il est facile de se sentir très vite isolée, de penser qu’on est la seule à traverser cela. Mais la vérité, c’est que beaucoup d’autres ont vécu, ou vivent, la même douleur. Même si chaque histoire est unique, il y a une lien entre les femmes qui ont perdu un enfant, qu’il soit né ou non.

2. "Ta douleur est légitime."

J’ai longtemps douté de la "légitimité" de ma souffrance. Après tout, mon bébé n’avait peut-être pas eu le temps de se développer pleinement, de voir la lumière du jour. Peut-être que je n'avais pas le droit de ressentir cette peine si profonde. Mais la vérité, c’est que chaque perte, peu importe le moment, est une perte. Et elle mérite d'être honorée.

Cette douleur est légitime. Chaque larme, chaque pensée, chaque souvenir que tu portes, mérite d'être accueilli avec douceur et respect. 

3. "Tu n’es pas responsable."

La culpabilité.

Cette petite voix qui te dit que tu aurais pu faire quelque chose, que si tu avais agi différemment, peut-être que cela aurait pu être évité. Mais non, tu n’es pas responsable. Les causes d’une fausse couche ou d’un arrêt de grossesse sont complexes, souvent liées à des facteurs extérieurs.

Il n’y a pas de culpabilité à porter. Le deuil périnatal n'est pas un échec personnel, ce n’est pas une punition. C’est une tragédie biologique, mais cela ne définit pas ton corps, ni ton rôle en tant que femme.

4. "Il est normal de se sentir perdue, et ce n’est pas grave."

La perte d'un enfant ou d'un bébé est un grand bouleversement. Tout ce qui te semblait stable, sûr, devient incertain.

Des questions tournent sans cesse dans ta tête "Qu'est-ce que je fais maintenant ? Comment avancer sans ce rêve que j'avais ? Où est le sens ?"

Toutes ces questions, tous ces doutes, sont naturels. Tu as le droit de te sentir perdue, de ne pas savoir par où commencer.

Ne sois pas trop dure avec toi-même. Ce n’est pas grave de ne pas avoir toutes les réponses, de ne pas savoir quel est ton prochain pas. Parfois, avancer consiste simplement à respirer, à accepter la douleur, à reconnaître que chaque jour est un petit pas vers la guérison.

5. "Ton enfant a existé, et il a une place dans ton cœur."

Même si tu n'as pas pu voir ton enfant, ton bébé grandir, même s'il n’a pas pu prendre de place dans ce monde, il a une place immense dans ton cœur.

Chaque bébé, qu’il ait vécu quelques heures ou quelques mois, laisse une empreinte indélébile. Ne laisse jamais personne te dire que ton enfant n’a pas existé. Ce petit être a compté, il a marqué ton âme et ton cœur.

Honore-le à ta manière, à ton rythme. Que ce soit par une pensée, un geste symbolique, en écrivant tes émotions, son histoire dans un carnet de deuil, en allumant un bougie,  ou en prenant soin de toi, il y a mille façons de garder cette mémoire vivante.

6. "Le temps n’efface pas la douleur, mais il apprend à l’apprivoiser.

Il n’y a pas de fin à cette douleur. Mais avec le temps, elle devient différente. Au début, elle est brute, violente. Elle envahit tout ton corps, chaque pensée, chaque mouvement. Puis peu à peu, le poids devient plus léger. Pas parce qu’elle disparaît, mais parce que tu apprends à vivre avec, à l’accepter comme une partie de ton histoire.

Le temps ne guérit pas, mais il t’aide à transformer cette souffrance, à trouver de nouveaux moyens de lui donner sens, de lui offrir de la place sans qu’elle te dévore.

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La perte d'un enfant, d'un bébé est une épreuve qui ne se mesure pas, qui ne se compare pas. Chaque parcours est unique, chaque souffrance est personnelle. Mais à travers ce texte, j’espère que vous trouverez quelques mots, quelques pensées, qui sauront toucher votre cœur. Vous n'êtes pas seule. Votre douleur est légitime. Et même si le chemin est difficile, il est possible de trouver un peu de réconfort, un peu de lumière, au fil du temps.

Je suis là avec vous, et je vous envoie tout l’amour et la compassion que vous méritez. ❤️