Le parcours de la PMA, ou procréation médicalement assistée, est souvent comparé à un voyage. Mais ce n’est pas un voyage que l’on choisit. C’est un chemin que l’on emprunte à la suite de rêves brisés, de pertes de repères, et parfois, d’un sentiment d’impuissance. Et dans ce voyage, bien que chaque étape soit un pas vers l’espoir, il y a aussi de nombreux moments d’incertitude, de doute et de souffrance.
Je me souviens encore de mes premiers pas dans ce parcours. Je n'avais aucune idée de ce qui m'attendait, aucune idée de l’intensité des émotions qui allaient m’envahir, ni des leçons que j’allais apprendre sur moi-même et sur la vie. Mais avec du recul, il y a quelques choses que j’aurais aimé entendre au début de cette aventure. Des paroles réconfortantes qui auraient, peut-être, adouci la peur, la douleur, ou même la culpabilité.
1. "Tu n’es pas seule."
Un des sentiments les plus isolants dans ce parcours est celui de la solitude. On a l’impression d’être la seule à vivre cela, que personne ne comprend vraiment ce que l’on traverse. C’est une douleur silencieuse, souvent invisible aux yeux des autres.
Mais si seulement j’avais su qu’il y a tant d’autres femmes qui partagent cette même douleur, ces mêmes doutes. Si seulement j’avais compris que cette solitude pouvait être brisée, qu’il y avait des espaces, des communautés, des amies avec qui partager cette épreuve.
La solidarité entre femmes en parcours PMA est immense. En parlant, en partageant, on trouve des liens incroyables. Ne vous isolez pas, même si cela semble plus simple. La bienveillance et l’écoute sont des trésors à cultiver. Vous n’êtes pas seule, même dans les moments où tout semble trop lourd à porter.
2. "Prends soin de toi, même si le corps et l’esprit sont épuisés."
Je me souviens des journées où je me sentais totalement épuisée, non seulement physiquement, mais aussi mentalement. Les traitements, les examens, les attentes... tout cela prend une grande énergie.
Et parfois, au milieu de ce tourbillon, on oublie de se donner la permission de ralentir, de respirer, de prendre soin de soi.
Prendre soin de soi, ce n’est pas seulement s’octroyer un bain ou faire du shopping. C’est aussi écouter son corps, respecter ses limites, et ne pas avoir peur de dire non quand il le faut. C’est s’autoriser à dire : "Aujourd’hui, je m’arrête un moment pour moi, pour recharger mes batteries." Parce que si l’on ne prend pas soin de soi, il devient encore plus difficile de continuer ce parcours difficile.
Et parfois, ce sont les petits symboles qui nous aident à traverser ces moments. Une trousse colibri avec des essentiels pour se réconforter, un bracelet PMA porte-bonheur, une bougie colibri allumée pour apporter de la sérénité dans l’attente, ou encore une carte d’affirmation positive PMA à lire chaque matin. Ces objets, même s’ils paraissent anodins, peuvent être de véritables ancrages, des rappels que l’on est forte et que l’on avance.
3. "Il est normal d’avoir des hauts et des bas."
L’une des choses les plus difficiles dans le parcours PMA, c’est l’imprévisibilité de nos émotions. Un jour, tu peux te sentir pleine d’espoir et de courage, prête à tout affronter. Le lendemain, une simple nouvelle ou une simple pensée peut t’ouvrir la porte du désespoir et de la tristesse. C’est totalement normal. Les montagnes russes émotionnelles font partie du chemin.
Il n’y a pas de script, il n’y a pas de manuel d’instructions qui nous prépare à ce que l’on ressent. Mais savoir que c’est normal d’avoir ces hauts et ces bas, et que l’on peut les vivre sans culpabilité, c’est déjà un grand soulagement. Accepte chaque émotion comme elle vient. Ne te juge pas, tu fais du mieux que tu peux dans des circonstances difficiles.
4. "Continue à vivre, même si c’est difficile."
Lorsque l’on débute un parcours PMA, l’envie de tout contrôler, de se concentrer uniquement sur l’objectif final, est parfois tellement forte. On se plonge dans les rendez-vous médicaux, les traitements, les tests. On oublie qu'il est tout aussi important de continuer à vivre, d’entretenir ses relations, de rire, de profiter des petits bonheurs de la vie.
Ce n’est pas facile de se détacher de cette obsession pour le résultat, mais il est essentiel de se rappeler que la vie continue, même au milieu de cette tempête. Chaque moment vécu pleinement est précieux. Les petites choses quotidiennes, comme un repas entre amis ou un coucher de soleil, sont des ancrages de paix dans ce tourbillon d'incertitudes.
Un petit symbole qui m’a aidée ? Un bracelet PMA, un marque-page colibri qui m'accompagnait dans toutes mes lecture, une pierre, un carnet où j’écrivais mes pensées. Des petits objets qui, à leur manière, me rappelaient que je n’étais pas qu’un corps en attente, mais une personne en chemin.
5. "Ton corps fait de son mieux."
Il y a des jours où on se sent tellement impuissante face aux traitements, aux échecs, aux attentes. On peut en venir à douter de notre corps, de notre capacité à mener ce parcours à terme. Mais ton corps, même s’il semble parfois ne pas suivre, fait de son mieux. Il se bat chaque jour, avec toi, contre l’adversité.
Le parcours PMA est aussi un chemin de réconciliation avec son propre corps. Il est important de cultiver la bienveillance envers soi-même, de comprendre que chaque étape de la PMA, chaque échec, chaque progrès fait partie du voyage. Il n’y a pas de "bonne" façon de réussir ce parcours. Il y a seulement des moments où ton corps te rappelle qu’il est en train de faire tout ce qu’il peut, à son rythme.
6. Les échecs ne sont pas une fin, mais une étape."
Les échecs, dans un parcours PMA, sont inévitables. Ils font partie du processus. Mais au début, on ne les voit pas comme des étapes, on les vit comme des défaites. Chaque échec est une nouvelle porte qui se ferme, une nouvelle déception à encaisser.
Si seulement on m’avait dit que l’échec n’était pas une fin en soi, que chaque tentative, chaque faux pas, faisait partie d’un tout, qu’il m’aidait à grandir et à mieux comprendre mon corps, mon esprit, mes limites. L’échec est une partie du chemin, mais ce n’est jamais une finalité. C’est une opportunité pour recommencer, pour se relever, plus forte, plus résiliente.
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Ce que j’aurais aimé entendre au début de mon parcours PMA, c’est que tout ce que je ressens est légitime. J’aurais aimé qu’on me dise que j’avais droit à la douleur, mais aussi à l’espoir. J’aurais aimé qu’on me rappelle qu’il est important de prendre soin de soi, de continuer à vivre, d’accepter les hauts et les bas, et de croire que chaque étape, même les plus difficiles, me rapproche de mon rêve.
Sois douce avec toi-même et n’oublie jamais : il y a toujours une lumière au bout du tunnel, même si elle semble loin. Et tu mérites de la voir briller.